LA PETITE GARCE DANS LA PRAIRIE
Autobiographie d'Alison Arngrim

(Disponible aux éditions J'ai lu)

QUELQUES EXTRAITS DU LIVRE...


(A propos de ses débuts dans "La petite maison")
   La porte s'ouvrit sur une minuscule petite fille à taches de rousseur, avec des nattes et possédant la plus grande rangée de dents de devant que j’avais vue de ma vie. C'était Melissa Gilbert. Elle avait environ 9 ans. J’avais à peine 12 ans et j'étais petite pour mon âge, mais cette fille-là aurait pu rentrer dans mon porte-monnaie - et aurait réussi à le ronger pour en sortir.

(A propos de Michael Landon)
   Oui, je confirme, Michael était très beau. Beau à vous couper le souffle : tout en muscles, bronzé, avec de grandes dents blanches et une crinière de boucles chatoyantes. C'était la version masculine d’une affiche de Farrah Fawcett. Parfois je me demandais de quoi il aurait l'air dans un maillot de bain rouge ! (...)

   La Petite Maison
était un feuilleton familial certes, mais pour une large partie de nos téléspec- tatrices, c'était aussi une sorte de roman Harlequin télévisuel. Il n'y avait pas de scènes de sexe, rien d'obscène, simplement un bel homme transpirant, héros superbe qui pouvait vous soulever dans ses bras musclés, vous emmener dans sa cabane et vous... Un nuage passe devant la lune.

(A propos de l'inceste qu'elle a subi)
   Mes parents sortaient beaucoup et je me retrouvais seule à la maison avec une baby-sitter. Jusque-là, rien de grave. Simplement, mes parents avaient de drôles de critères en ce qui con- cernait le choix de qui pouvait être considéré comme « baby-sitter adéquate ». Il y eut un immense défilé d'acteurs, d'amis, de connaissances et d'amis d'amis. Certains étaient merveilleusement excentriques, d'autres avaient des problèmes de drogue et d'alcool, et d'autres encore pouvaient être considérés fous à lier. 
   (Un jour, je me suis amusée à compter et j'ai réalisé que trois personnes sur quatre qui m'avaient gardée ont fini dans un hôpital psychiatrique. Je pense que ceux qui n'y sont pas allés n'ont simplement jamais été diagnostiqués).
   Mais, tous ceux-là valaient mieux que la baby-sitter préférée de mes parents (c'est-à-dire la moins chère et la plus disponible) : mon frère. Comment diable des parents pouvaient-ils imaginer qu'un adolescent qui n'allait plus à l’école, qui voyait un psychiatre et qui avait été surpris en train de fumer, de boire et de prendre de la drogue, serait une « baby-sitter adéquate » pour sa petite sœur de 6 ans ? Ils se dirent sûrement que cela le responsabiliserait...

(A propos de l'après - "petite maison")
   Au début, cette liberté me réjouissait. J'étais ravie de ne pas avoir d'horaires : je pouvais dormir, faire la fête, faire ce qui me plaisait, je n'avais pas de boulot quotidien, pas de convocation sur un plateau, pas de répliques à apprendre par cœur. Ma vie était une vacance sans fin ! Puis, un an après avoir quitté La Petite Maison, mon passé resurgit et m'atteignit de plein fouet. Tout à coup, mon esprit désoeuvré se voyait submergé par tous les sujets que j'avais volontairement refoulés pendant sept ans, formant un tsunami de peur, d'effroi et d'anxiété. Pendant tout ce temps j'avais été voluptueusement distraite par le tournage de La Petite Maison qui s'était révélé une merveilleuse échappatoire. Je n'avais pas eu le temps de penser à ce que mon frère m'avait fait ou laisser mes émotions affleurer.

(A propos de sa première apparition à la télévision française)
   Finalement, une photo de Nellie apparut. La foule devint hystérique. L'hôte annonça à Jamel qui était l'invitée, ce dernier s'exclama que ce n'était pas possible. Puis, la musique de La Petite Maison commença et le public se mit à chanter. J'étais encore en coulisses, lorsque j'entendis la foule tout entière psalmodier le thème de La Petite Maison dans la Prairie. Il n'y a pas de paroles, ce n'est que musical ! Les gens ne se mettent pas spontanément à chanter en Amérique, mais en France oui : fort, lentement, respectueusement, à l'unisson, « Laaa la la laaa, la la lalala. Laaa, laa la la, la la la laaa… » Mon Dieu, pensai-je, c'est un culte religieux.

(A propos de sa lutte contre la maltraitance d'enfants)
   Le 4 octobre 2005, Terminator lui-même, Arnold Schwarzenegger, signa le décret de loi. J'étais heureuse, vraiment heureuse. Cette fois-ci, je pleurai pour de bon. Je ne pleure vraiment que lorsque je suis heureuse, c'est comme ça, je suis un peu dingue. J'avais combattu le Parlement – non, les législateurs de la Californie tout entière – et j'avais gagné. J'avais aidé à changer une loi injuste qui avait existé depuis des décennies et meurtri des milliers d'enfants. J'avais réussi, non pas parce que j'étais une femme politique, une avocate ou une psychiatre, ni parce que j'étais une victime qui avait parlé. Je n'avais pas non plus l'éducation ni l'expérience de certaines personnes qui se battaient avec moi. Mais j'avais réussi parce que j'avais un truc que les autres personnes n'avaient pas : j'étais quelqu'un que les gens connaissaient, j'avais été dans leur salon. Et surtout, j'étais Nellie, et cette garce savait ouvrir les portes !

La version américaine : un plébiscite !

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